Pour beaucoup le mois du ramadan rime avec succulents mets et table bien garnie, mais peut on résumer ce mois sacré à cela ? Dans cet article je veux redéfinir les bases du ramadan ainsi que son aspect le plus vital mais le moins mis en avant : l’aspect spirituel.

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Avant d’entrer dans le vif du sujet, redéfinition le mot clef du titre à savoir le ramadan. La majorité des français ont déjà entendu ce terme, connaissant plus ou moins sa référence, ses composants et sa finalité. La religion musulmane comprend 5 piliers dont le jeûne du mois du Ramadan est le 4ème. Le terme Ramadan est le nom d’un mois, le 9ème de l’année lunaire en islam. Durant ce mois de jeûne, les musulmans observent certaines règles dont les plus connus sont le jeûne – de toutes nourritures ou boissons – durant la journée, du levé au couché du soleil. Cet acte de foi a une importance particulière dans une société de sur-consommation qui ne s’intéresse qu’aux bénéfices dont on peut tirer de chaque pratique religieuse.

Une société de sur-consommation

1. Une société qui prône la célébration pour la consommation

Dans le terme célébration, si certains y voient le rassemblement ou le partage, d’autre – notamment les gros firmes – y voient une opportunité de dégager du bénéfice, quitte à attendrir une communauté dont ces mêmes firmes ne partagent ni la vision, ni les valeurs. Qu’on ne se méprenne pas sur le fond de ma pensée, une entreprise qui présente des collections dédiées à une célébration, ne me dérange aucunement, c’est le jeu superficiel de ces entreprises qui me fait douter de leur honnêteté à mettre en avant une communauté. De ce fait, lorsque les collections de prêt-à-porter ou le rayon Ramadan apparaît, je suis en droit de me question sur la finalité de cette image commercial.

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Autrement dit, derrière le terme de célébration, peut se cacher celui de la consommation. Tu me diras que cette consommation est légitime et j’attesterais en te disant qu’elle est nécessaire et que là n’est pas le sujet. De quoi parle-t-on alors ? Si la consommation n’est ni négative, ni positive qu’en est il de la sur-consommation ? Il n’est pas difficile de comprendre que tout excès à bannir et que la sur-consommation arrive en tête de nombreux problèmes qu’on connait aujourd’hui, qu’ils soient environnementaux, sociaux, économique ou même culturel. Ainsi, les sociétés qui prônent la mondialisation, tendent à une décadence rythmée par les classes sociales ainsi que les communautés qui la régissent.

Le calendrier marketing prend en compte les communautés et les campagnes publicitaires se font en fonction des célébrations les plus répandues au sein d’une société. Mais ne peut-on pas assurer que si la consommation est basée sur cette communauté, cette dernière est inclue dans la société ? Entre publicité à demi-mots, appropriation culturelle et manque de connaissance du sujet, on assiste à une cacophonie malaisante. Le rendu est pitoyable. En échangeant avec Ibtissem, je me suis rendue compte de la commercialisation à outrance du Ramdan, une commerciale qui ne se donne même pas la peine de respecter la communauté musulmane. C’est ce manque d’information et d’intérêt qu’on a pu formuler au cours de nos échanges plus que fructueux. Et sans le savoir nous avions déjà en tête nos article à ce sujet, avec un intérêt pour la spiritualité en ce qui me concerne et la question de la commercialisation pour Ibtissem.

2. Un marketing décoré de plats traditionnels

Une image qui n’inspire pas confiance. Non pas que je sois pro-communautaire, j’estime que l’aspect financier est trop flagrant pour être la deuxième raison pour laquelle ces firmes d’intéressent à un marché qui pèse chaque année un peu plus. Est ce qu’une marque peut proposer des produits à une communauté dont elle ne fait pas partie ? Cette question est souvent soulevée et seuls les plus diplomates d’entre nous, qui manie la rhétorique semblent pouvoir sortir indemnes de ce débat. En ce qui me concerne, l’affaire est close, il est évident que chaque commerçant peut proposer des produits, voire des collections à condition de respecter à minima les codes de cette communauté.

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Mango Collection Ramadan

Une communauté, qui d’ailleurs se sent délaissé et moqué par les entreprises qui n’osent pas l’inclure dans ses campagnes. L’image des firmes en prend un coup : soit elles ne les incluent pas et ne se préoccupent aucunement des besoins de cette clientèle française et musulmane qui se tourne vers des entrepreneuses ou vers des firmes étrangères. Dans le second cas, elles ne voient que leur potentiel bénéfice sans faire au préalable des recherches poussées sur la Modest Fashion, sur l’esprit de Ramadan et ses valeurs par exemple. Ainsi on trouve des collections spéciale Ramadan, chez Zara ou Mango sans aucune représentation visuelle de femme voilée, avec de nombreux articles qui ne correspondent pas aux attentes des musulmanes française.

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La bombe a explosé en 2011, l’humoriste engagée, Samia Orosmane, prend la parole ou plutôt son téléphone et pousse un coup de gueule, qui fait un bien fou. Le sujet de cette vidéo ? La gène qui émane de l’emploi de certains mots, à l’approche du Ramadan, les supermarchés mettent en avant les Saveurs d’Orient. Dans une deuxième vidéo en 2012, elle se rend à Leclerc ne se gène pas de faire remarqué le manque de tact et la volonté de « cacher » une clientèle musulmane réduite à ces saveurs d’ailleurs. Un dromadaire et quelques acolytes plus tard, la troisième vidéo en 2014, lui ont suffit pour prétendre à une animation spéciale pour le stand oriental pour Auchan. Si pour beaucoup ces vidéos sont seulement drôles, il faut lire le message que cela révèle ; grâce à ses actions, en 4 ans, Samia Orosmane a fait plier les firmes, qui n’osent plus intituler leur catalogue Saveurs d’Orient, mais bien Spécial Ramadan. Si sur le plan vestimentaire, il reste du chemin, il est agréable de constater qu’on peut être correctement inclue dans la société.

La privation créé l’engouement

1. Un peu de logique

Sans même avoir cette société qui nous pousse à la sur-consommation, il faut savoir que la privatisation quelle qu’elle soit, crée un désir. Un exemple est plus parlant qu’un long discours, on conseille de faire ses courses le ventre plein, pour une simple raison : lorsqu’on a faim, on a les yeux plus gros que le ventre.

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Instagram

Dans ce cas, on utilise certaines astuces, pour apprendre à consommer moins, ce qui nous permet de ne pas nous retrouver, le soir venu, avec une table débordante et un ventre qui se remplit en 1 verre d’eau et trois dattes. Parce que le vrai problème réside dans un mauvais dosage de nos besoin nutritionnel qui conduit au gaspillage. Parce que c’est bien là le problème, les table Instagramable nous poussent à toujours consommer plus, à exhiber notre savoir-faire culinaire, celui de notre mère ou notre bon goût pour la disposition de la table. Finalement, le gaspillage est intiment lié aux réseaux sociaux avec en tête Instagram. La privation qu’on vit en journée nous pousse à rassasier nos sens ; la vue est souvent l’un des sens les plus décuplés pendant cette période, avant même le goût. En effet, la vue – chaste – est autorisé de jour comme de nuit, on observe souvent un excès, avec un partages excessif sur Snap, de la préparation du repas de la rupture, de la préparation de la table, de la dégustation …

2. On fait comment ?

Pour ne pas tomber dans le gaspillage, on commence pas lister ce dont on a besoin, en établissant un menu à l’avance, on préfère faire 1 ou 2 fois les courses du mois, qui contiennent les produits qu’on utilise quotidiennement. Ainsi, lorsque j’établis mon menu, j’additionne les quantités nécessaire pour les plats et je les achète ensemble, ce qui m’évite de perdre du temps, mais aussi des tentations inutiles. Une fois ma liste de course faite – si possible aux heures ou je n’ai pas le plus faim – il ne me reste qu’à cuisiner.

Petite dose est le maître mot, si l’expression avoir les yeux plus gros que son ventre prend tout son sens, il faut apprendre à apprivoiser notre gourmandise. Pour ne pas tomber dans la privation et donc la frustration, il faut s’autoriser tout, à la seule condition d’être modéré. Ainsi, on peut manger de tout, en gardant en tête qu’il faut réduire nos proportions, et donc réduit le gaspillage. En jeûnant, on comprend rapidement que, le soir venu, on ne peut pas manger ce qu’on voudrait, quand bien même on aurait un appétit important en journée.

Le jeûne a sur notre corps certaines réactions, dont l’impression que notre estomac se rétrécit, on doit alors réapprendre les quantités dont nous avons besoins. Connaitre son appétit est vital, ne pas assez se nourrir nous empêche de tenir toute une journée, consommer trop risque de nous donner des remontés. Il faut jauger et espacer nos repas : si possible fractionner son alimentation, par exemple : manger dès la rupture quelque chose de léger, prier, revenir à table pour déguster le plat principale et les fruits, et le dernier repas, avant l’aube, qui est un petit déjeuner composé d’aliments énergisant.

Quand on a faim, on s’occupe l’esprit pour ne pas le focaliser sur notre faim, qui est souvent passagère. On se plaint souvent qu’on à pas le temps de faire telle ou telle chose, en ce mois du Ramadan, avec les longues journées qui nous attendent, il est difficile de d’affirmer cela. Ainsi, on peut, au préalable établir une liste de chose qu’on voudrait faire, de projets en suspends, de domaines à approfondir, avant de se fixer un planning et des deadlines à respecter pour mener à bien nos projets (l’organisation est mon dada, pour plus d’astuces clique ici)

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Confectionner Son Bullet Journal Spécial Ramadan

La solution, c’est peut-être de se nourrir autrement et plus exactement, de nourrir son esprit, par la lecture. Que lire ? Tu as l’embarras du choix, que ça soit des livre de développement personnel ou encore des ouvrages spirituels. Car c’est bien en se mois d’élévation spirituelle que ces lectures sont favorisées, beaucoup lisent le Coran et finissent sa lecture durant ce mois, d’autre s’attellent à la compréhension de la religion. Finalement, prendre le temps de se poser et de focaliser sur sa croyance, c’est ce qui nous manque au quotidien, mais il ne tient qu’à nous d’y remédier.

La méditation est ta meilleure amie et tu vas y être accro ! Si on n’a pas le temps de s’y attarder tout au long de l’année c’est peut-être le moment. Méditer, c’est se reconnecter avec soi, c’est apprendre à se penser, c’est comprendre nos pensées et prendre le recul nécessaire pour définir qui nous sommes. Prends 30 min pour t’isoler, ferme tes yeux puis laisse tes pensées venir à toi. Fais le vide puis faire quelques exercices de respiration qui te permettront de te relaxer. Enfin, tu peux aborder des sujets avec toi même et développer une vraie réflexion.

Une spiritualité effacée ou mal dosée

1. Avoir une foi dans une société qui la rejette

Force est de constater que dans la conscience collective, chaque pratique religieuse n’équivaut que par une célébration. Ainsi, le jeûne est résumé à cette fête. En plein mois d’avril, on remarque un important effort commercial quant aux préparations de Pâques, promotion sur le chocolat, chasse au trésor, les meilleurs vins tout y est sauf la raison de cette célébration.

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Bettys

Le Carême est une période de 40 jours durant laquelle les chrétiens se privent de toutes forme de plaisirs, certains limiteront leur alimentation au riz et au maïs d’autres se priveront de chocolat et de viande, d’autre encore choisiront les réseaux sociaux. Cette privation à des origines, mais qui peut me les citer ? Peu de personnes y voient un aspect spirituel, mais nombreux sont ceux qui fêteront Pâques en famille, autour d’un repas, avant la chasse aux oeufs … Ce constat est quasiment le même pour le Ramadan, si ce n’est qu’en France on accorde un régime particulier à l’islam.

On ressent un malaise vis-à-vis des célébrations musulmanes. Pour remettre les choses dans leur contexte, il faut savoir qu’en France, les musulmans sont stigmatisés, mais que les grandes firmes, qui refusent de les embaucher pour cause de signe religieux (voile notamment) ne se gênent pas pour mettre en place de animations spéciale Ramadan. Je tiens à rappeler qu’il y a moins d’une dizaine d’année, on ne parlait pas de rayon spécial Ramadan, mais de saveurs d’Orient, comme si le terme Ramadan était prohibé sur la place publique de peur d’heurter une partie de la clientèle qui est franchement raciste. Ainsi on a une société qui tente d’effacer toutes traces religieuses et un capitalisme qui veut surfer sur cette vague, le combo gagnant pour une clientèle qui ne sent ni inclue dans la société ni clairement représenté sur le marché.

2. Ramadan réduit à de la nourriture

Comme tu l’auras compris, le mois du Ramadan, est un mois d’expiation de nos péchés grâce à l’élévation spirituelle que nous permet le jeûne. Autrement dit, en jeûnant, on se rapproche de Dieu qui nous demande de nous détacher de l’un des aspects vitales de nos vie, le temps d’une journée. Durant cette journée, nous nous rapprochons aussi du démuni, du pauvre qui n’a pas de quoi se nourrir et qui ressent la faim sans savoir quand cette sensation sera comblé par une main généreuse.

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Je veux qu’on s’arrête un moment sur la condition du démuni, le jeûneur, en se levant le matin, sait que qu’au couché de la nuit, il retrouvera une table garnie et pourra se ravitailler comme bon lui semble. S’il croise un démuni et qu’il prend le temps d’analyser leur 2 situations, il se rendra compte du fosset qui les sépare, l’un d’eux ne jeûne que pendant quelques heures alors que l’autre ne sait pas à quelle heure sera sont prochain repas. Ainsi, ce mois nous apprendre à être reconnaissant pour chaque bien-fait que nous avons à notre disposition et dont on ne se rend pas forcement compte, un toit, de la nourriture, une famille, l’accès au savoir, l’accès aux soins …

3.Se consacrer au spirituel à 100% qu’en est-il des autres mois de l’année ?

Si pendant ce mois, de nombreuses personnes tentent de devenir la meilleure version d’eux-même, d’autre se posent la question de l’hypocrisie envers Dieu en appliquant les préceptes religieux seulement durant ce mois. Je m’explique : lors du mois de Ramadan, des personnes vont y voir l’opportunité de suivre les préceptes religieux comme il se doit, en se sentant plus proche de Dieu grâce à leur jeûne. Cette démarche est admirable car, non seulement, la personne prend le recul nécessaire pour analyser la spiritualité, mais aussi, elle a l’intention de devenir meilleure.

Le seul bémol qu’on pourrait formuler réside dans l’aspect temporel de ce mois. En effet, si ce travail ne dure qu’un mois, on est en droit de se demander pourquoi ne pas faire perdurer cet état d’esprit tout l’année. Disons, qu’il est plus simple de se dire pendant l’année, que même si on commet des erreurs, on aura l’occasion de les expirer durant ce mois béni.

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Ne pas fumer, ne pas être vulgaire ou grossier sont des actions souvent respectés durant ce mois, mais délaissées le reste de l’année. Un fumeur, tente de s’améliorer pendant cette période, mais le manque et plus certainement l’habitude prendra le déçu après Ramadan. Il fait donc cet effort pour se rapprocher de Dieu – n’oublions pas que nos actions valent par l’effort exprimé – en espérant un jour arrêter de fumer. On constate donc que c’est une question de volonté, de motivation et de rigueur et que si nous pouvons nous abstenir de manger et de boire pendant parfois près de 19h, notre esprit est bien plus fort qu’on ne le pense. Ne reste plus qu’à nous convaincre.

L’idée ici n’est pas de révolutionner notre perception du jeûne et de l’élévation spirituelle souvent associée à un mois en particulier, la fin tend à la réformation personnelle et individuelle. Ainsi, il faut lire la spiritualité comme un chemin, avec ses hauts et ses bas, avec des moments où notre foi est inébranlable et d’autre où notre perception spirituelle est en proie à des doutes. Cette quête doit être en continu et ne peut pas être réservé à un mois de l’année, bien que ce dernier nous permet de prendre du temps pour nous élever. Alors écoutons notre esprit, contemplons le chemin et par dessus tout, ne nous laissons pas tétaniser par la peur.

Pour ce faire, on établit un plan d’action, en clarifiant notre point de départ et notre objectif spirituel. Selon ce dernier on bloque une plage horaire au quotidien pour s’élever spirituellement et prendre le temps nécessaire pour le faire. Par exemple, on peut se fixer la lecture du Coran – à notre rythme – si on accorde 1h/jour à celle-ci, et qu’on lit 10 pages/heure, en 2 mois, on arrive à la fin de notre lecture.

Ainsi s’achève cet article qui me tenait particulièrement à coeur. Un article qui, je l’espère permettra une prise de conscience de notre communauté musulmane ainsi que de notre France. Et parce que je ne me pose pas en autorité de savoir, je voudrais connaître ton avis sur la question, alors laisse moi un commentaire et partage si ça t’a intéressé.

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